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Entretien : Foot et psychologie "Avec un psy, on pourrait contrer le dopage" (Foot de l'Ouest - n° 12 - janvier 2001)

Foot de l'Ouest : En quoi pensez-vous qu'un psychologue peut améliorer les performances d'un footballeur ?

Jean-Cyrille Lecoq (Psychologue du sport) : On peut l'aider à mieux définir ses objectifs. A partir de là, on peut mettre sur pied des stratégies qui lui permettent de résister à la pression. Le psy devra également aménager une sphère dans laquelle il peut tout dire sur ses coéquipiers, son entraîneur, en sachant que cela reste confidentiel, que cela ne se retournera pas contre lui. Il peut exposer ses forces et ses faiblesses, sans être jugé. On peut ensuite analyser ensemble les mécanismes de motivation (je joue pour mon plaisir ou pour la prime ?) et expliquer pourquoi il se blesse à tel moment. La blessure, souvent, est un signe de problème de communication avec autrui. C'est un autre mode d'expression, non verbal.

F.O. : La blessure est donc considérée comme un symptôme ?

J.C.L. : Tout à fait. On s'interroge sur le moment de la blessure, sur les bénéfices secondaires que l'athlète en retire. Quelque part, la blessure est une excuse. C'est un moyen de dire : " J'ai essayé de bien mais faire mais je n'ai pas pu."

La psychologie peut-elle limiter le dopage dans le sport ?

J.C.L. : L'utilisation des techniques de préparation mentale permet de limiter les effets du dopage. Si on avait un psy dans chaque équipe de foot, on pourrait améliorer l'entraînement, la récupération et contrer ainsi le dopage.

F.O. : Quelles techniques utilisez-vous pour améliorer la performance des athlètes ?

J.C.L. : On peut utiliser l'imagerie mentale. En sachant que le cerveau ne fait pas la distinction entre un geste réalisé physiquement et un geste réalisé mentalement, on peut concevoir des entraînements où on associe le mêmegeste physique et mental. Ce qui fait que quand l'athlète réalise le geste mentalement, il se repose. Les Chicago Bulls utilisent cette méthode. Sur 20 paniers, le basketteur en réalise dix mentalement et dix physiquement. Cela permet la récupération. Mais c'est une technique encore peu connue.

F.O. : Vous travaillez également sur le discours intérieur et le culte du présent...

J.C.L. : L'athlète a souvent des pensées négatives : "Je suis nul, je ne suis pas prêt..." Le but est de remplacer les pensées négatives par des pensées positives. Quant au culte du présent, c'est une histoire de concentration sur ce que l'athlète doit faire et non pas sur ce qu'il va faire. Pour une personne qui court par exemple, elle doit être concentrée sur le coup de feu au moment du départ et non pas se dire qu'elle va franchir la ligne en première position. Mais le psy travaille également sur le cadre de l'athlète : gestion des problèmes liés à la relation entraîneur-entraîné, gestion des médias, des managers, de la pression... Il faut aménager un cadre à l'athlète qui lui permette de supporter tout cela.

Propos recueillis par Frédéric Genest


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"Les gagnants se concentrent sur les objectifs, pas sur les obstacles."

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