Un bon mental peut s´acquérir
Le sport français s 'interroge de plus en plus
souvent sur la preparation mentale de ses
champions, à I'imaged e la Fedération
de judo après la déroute de Sydney...
Jean-Cyrillele Lecoq : Cela traduit une évolution
qui va dans le bon sens. Il y a
quelques années, les sportifs français et
leurs entraîneurs se disaient :le mental,
on I'a ou on ne I'a pas. C'est une erreur.
Aujourd'hui, beaucoup comprennent
enfin que des techniques existent, qu'un
bon mental peut s'acquérir.
Concrètement comment pratiquez-vous
avec les champions que vous conseillez?
Je cherche à savoir s'ils ont un plan de
compétition. Ont-ils pris le soin de repérer
le lieu où ils vont concourir,les vestiaires...?
Savent-ils où ils pourront s'isoler avant la
compétition ? Si cet endroit est déjà pris,
en ont-ils prévu un autre ? Il est important
que ces moments soient naturels, maî
trisés. Sinon, toute situation imprévue provoque
du stress et le mental est affecté.
Les préparateurs mentaux utilisent-ils
tous le même type de tests ?
Chaque psychologue a ses propres questionnaires,
Certains sont toutefois connus
de tous et reconnus. Des chercheurs canadiens ont, par exemple, mis au point
un questionnaire sur < qui permet de détecter ses forces
et ses faiblesses en 12 points : la concentration,
la confiance, I'engagement, la relaxation,
la gestion du stress, la fixation
des objectifs, I'imagerie mentale, etc.
L´imagerie mentale?
Il existe trois canaux pour se préparer mentalement: le visuel, l'auditif et le
kinesthésique. Certains font de la visualisation
intuitivement. Au tennis. par
exemple, un joueur comme Agassi,
lorsqu'il vient de rater un point. va aussitôt
visualiser un coup gagnant. La probabilité
augmente alors pour qu'il réussisse
le prochain coup.
Propos recueillis par Stéphane Colineau
Psychologue du sport
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